I
A ce moment là je me sentis maladroite, oui comme à ces moments là ou l'on se sent perdu. Je me sens attiré par un mal être : un démon surgit en moi. Je ne sais comment y échapper, j'ignore même ce qu'il est mais pourtant je voudrais le chasser. C'est, je crois une petite boule qui se perds en mon corps, elle m'a traversé de la tête aux pieds, elle a tout touché, tout arraché. Mon cerveau, mon cœur, mes poumons, ma chair, mes jambes; tout, tout est fichu. Cette chose m'a détruite partiellement, je crois bien qu'elle en finira bientôt, il sera trop tard... elle m'aura tué.
En ce moment précis elle est logé dans ma gorge, elle me bloque je ne peux plus crier, plus respirer. C'est un mouvement trop absurde, que de vouloir l'y dérober. Je ne sais que penser, cette chose à peut-être raison de moi. La boule sait tout, cette petite chose n'est qu'autre que mon rejet, je rejette... je rejette ce que je peux bien en penser, je ne veux pas, je ne suis pas. Mes mots sont trop vagues et le seront toujours, tant que moi-même ne saurais ce que je veux, ce que je ressens réellement.
*
Nous sommes samedi dix neuf et il pleut, c'est comme ça depuis mercredi. La pluie me fait du mal, mais également du bien; elle cache mes pleurs, elle m'aide, me libère. Je peux pleurer, personne ne me verra, cela fait bien longtemps que je n'avais à me cacher. Mais j'espérais aujourd'hui en parler, que l'on me distrait; je voulais penser à autre chose le reste de la journée que de rester enfermé là, dans cette pièce à penser, penser et encore penser à elle. Je voulais être seule, sans elle. Penser que je pouvais rire sereinement, enfin.
Elle m’a enlevé mon sourire, il n’est plus qu’une simple façade. "J’ai mal, le sais-tu ? Non, bien sûr que non. Tu n’es pas là pour me voir, tu ne m’as jamais vu. J’en ai l’âme à l’envers et le cœur de travers, je ne peux penser à autre chose. Le sais-tu ? Que j’écoute ta musique en permanence ? N’est-ce pas là le fait que j’espère toujours, ou, du moins que j’ai envie de toi ? Oui, je te veux. Est-ce une faute que de n’être ce que j’étais ? Je pèche de jours en jours, tu me condamnes à vivre en terre stérile, je souffre là-bas, ton absence m’oppresse, sachant que tu es mon oxygène, comment pourrais-je respirer si tu n’es plus là ?"